Publié le 29 mars 2026 · 8 min de lecture
La téléconsultation s’est imposée dans le paysage thérapeutique suisse, accélérée par la pandémie mais surtout soutenue par une demande croissante des patients. Pourtant, exercer à distance soulève des questions juridiques, techniques et éthiques que tout thérapeute doit maîtriser.
Ce guide couvre le cadre légal applicable en 2026, les exigences en matière de protection des données, la couverture par les assurances, les outils conformes et les bonnes pratiques de consentement.
En Suisse, il n’existe pas de loi spécifique à la téléconsultation thérapeutique. Le cadre repose sur plusieurs textes :
Point important : la téléconsultation ne modifie pas vos obligations professionnelles. Le devoir de diligence, le secret professionnel et les règles de documentation s'appliquent de la même manière qu'en cabinet.
Les données de santé sont considérées comme des « données sensibles nécessitant une protection accrue » selon l’art. 5 let. c nLPD. En téléconsultation, cela implique :
Chiffrement des communications
Toute plateforme utilisée doit offrir un chiffrement de bout en bout. Les outils grand public comme WhatsApp, Zoom (version gratuite) ou Skype posent problème pour les données de santé : traitement des données hors de Suisse (USA), absence de contrat de sous-traitance (DPA) conforme, pas de journalisation médicale, et exposition des métadonnées — même si certains (comme WhatsApp) offrent un chiffrement E2E.
Hébergement en Suisse
La nLPD autorise le transfert vers des pays offrant un niveau de protection adéquat. Toutefois, pour les données de santé, l’hébergement en Suisse reste la recommandation la plus sûre.
Registre des activités de traitement
L’art. 12 nLPD impose un registre pour les entreprises traitant des données sensibles à grande échelle. En pratique, tout thérapeute traitant régulièrement des données de santé devrait en tenir un.
Analyse d’impact
Si vous utilisez de nouvelles technologies (IA, enregistrement automatique), une analyse d’impact relative à la protection des données (AIPD) peut être requise (art. 22 nLPD).
Assurances complémentaires (LCA — Tarif 590)
La plupart des assurances complémentaires reconnaissent les téléconsultations sous certaines conditions :
LAMal (PsyTarif 581/582 — psychologues)
Les psychologues-psychothérapeutes facturant sous le PsyTarif 581 (LAMal) ou 582 (LAA/LAI/LAM) peuvent réaliser des téléconsultations sous prescription médicale. La proportion de téléconsultations doit être cliniquement justifiée ; certains assureurs appliquent des limites internes (vérifiez auprès de votre assureur).
Pour une téléconsultation conforme en Suisse, votre outil doit répondre à ces critères :
Parmi les solutions adaptées : Swisscom Health, HIN (réseau santé suisse), ou des solutions intégrées dans votre logiciel de gestion de cabinet.
Avant toute téléconsultation, vous devez obtenir le consentement éclairé du patient. Ce consentement doit couvrir :
Ce consentement peut être recueilli par voie électronique (signature numérique, case à cocher avec horodatage) mais doit être archivé.
La facturation suit les mêmes règles qu’une consultation en cabinet : Tarif 590 avec le code tarifaire de votre discipline, DataMatrix conforme, QR-Facture aux normes SIX Group. La mention de la nature de la consultation (présentiel/distanciel) est recommandée.
Therago vous aide à gérer la partie administrative de vos téléconsultations : facturation conforme Tarif 590, gestion du consentement numérique, notes de séance par dictée vocale, et suivi des paiements. Toutes les données sont chiffrées et hébergées en Suisse (Genève), conformément à la nLPD.
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